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Entre la trace qui persiste et celle qui disparaît

Entre la trace qui persiste et celle qui disparaît, photo 1

Le papier est submergé : eau, pigments, terre. Puis je le blesse : des incisions à la pointe, une écriture faite d'entailles.

Ensuite, je ne décide plus. Les particules en suspension descendent, se logent dans les blessures ou les recouvrent ; l'eau s'évapore à son rythme, la pesanteur trie, dépose, dissimule. Certaines entailles ressortent, sombres, encrées comme des mots ; d'autres cicatrisent sous les sédiments et disparaissent. Ce qui se lit et ce qui s'efface n'est pas entièrement décidé par moi : la révélation appartient à l'évaporation.

C'est le laboratoire de tout le reste : une écriture entre lisible et enfoui, entre langage et matière, dont le sort final revient aux mêmes forces qui font les rivières : l'eau, le poids, le temps de sécher.

Recherche continue · Papier, eau, pigments, terre