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Ici commence le sol de pierre

Ici commence le sol de pierre, photo 1

Des voiles de tissu enjambent un chemin, lancés à plus de dix mètres de hauteur, les cordes tirées dans les arbres avec l'aide d'un cordiste. D'un côté, le lotissement, les maisons, le béton ; de l'autre, la forêt et son sol de pierre. Il n'y a pas d'autre passage : pour entrer, il faut passer dessous.

Les gens lèvent la tête, tournent sur eux-mêmes en marchant. Le seuil ne se franchit pas des pieds mais du regard : un ciel de tissu à traverser.

Et ce ciel change. Le vent entremêle les voiles, les dénoue, les tresse autrement ; la pluie les alourdit, les affaisse. L'œuvre pèse alors comme un linge trempé au-dessus des passants, puis sèche, remonte, redevient légère. Sur la durée du festival, le portail n'a cessé d'évoluer, de forme et de sensations. Certains l'ont connu dansant, d'autres tombant. C'était le même seuil, et jamais le même.

C'est ici que ce tissu a commencé : première vie d'un matériau qui en aura trois. Il deviendra la chute d'Orphée dans un ravin, puis des cocons noués aux arbres, chargé à chaque étape des taches de la précédente.

Voir aussi : then orpheus looked back, Le mien compris

2024 · Tissu, cordes · In situ, Forestival, Lahnstein (Allemagne) · Première vie du tissu